ChatGPT pour ses notes médicales : ce qu'il faut savoir avant de coller un patient
Beaucoup de médecins ont déjà essayé : coller ses notes brutes dans un assistant conversationnel grand public et lui demander d'en faire une note propre. Le résultat est souvent impressionnant. Mais à l'hôpital, la question n'est pas seulement « est-ce que ça marche ? » : c'est « qui est responsable de ces données, et sous quel contrat ? ». Cette page fait le point, sans prétendre décrire les conditions d'un fournisseur en particulier.
- Une note clinique, même sans nom, reste une donnée personnelle de santé.
- À l'hôpital, c'est l'institution qui en est responsable, pas le médecin seul.
- Un compte personnel n'est lié à l'hôpital par aucun contrat de sous-traitance.
- Un outil générique ne connaît pas le format de votre service : la note se retouche.
Pourquoi l'idée est séduisante
Un grand modèle de langage sait très bien transformer des notes décousues en texte structuré. Il comprend les abréviations courantes, range les éléments, corrige la syntaxe. Pour un médecin qui retape ses notes le soir, le gain paraît immédiat, et l'outil est déjà ouvert dans un autre onglet.
Premier problème : les données
Une note sans nom n'est pas anonymisée
Retirer le nom ne suffit pas. Une note qui décrit l'état d'un patient d'un service donné, un jour donné, peut être rattachée à lui par l'hôpital : pour le RGPD, c'est une donnée pseudonymisée, donc toujours une donnée personnelle, et de surcroît une donnée concernant la santé1. Et dans des notes brutes, on laisse facilement passer un nom, une date de naissance, un détail qui identifie.
L'hôpital est responsable, et il doit choisir ses sous-traitants
Les données des patients d'un hôpital sont sous la responsabilité de l'hôpital. Quand un tiers les traite pour lui, ce tiers doit être lié à l'hôpital par un contrat de sous-traitance qui fixe ce qu'il peut en faire (article 28 du RGPD)1. Un compte personnel ouvert par le médecin sur un service grand public ne crée aucun lien de ce type avec l'hôpital. Le médecin transmet alors des données dont l'hôpital est responsable, à un tiers que l'hôpital n'a pas choisi.
Ce que votre hôpital en dit
Beaucoup d'hôpitaux ont désormais une position écrite sur les outils d'IA générative. Avant d'y coller quoi que ce soit qui concerne un patient, la bonne démarche est de la demander à votre DPO ou à votre service informatique.
Deuxième problème : le format
Même quand la question des données est réglée, un assistant généraliste ne connaît pas votre service. Il produit une note correcte, mais pas votre note : ses rubriques, pas les vôtres ; des phrases là où votre service écrit en télégraphique ; un ordre qui n'est pas celui de vos encadrés. Et il peut ajouter une interprétation plausible qui n'a pas été dite. Il faut alors relire, découper, retoucher et ranger : une bonne partie du temps gagné repart.
Le travail réel d'une note de tour n'est pas de bien écrire. C'est d'écrire dans la forme attendue, encadré par encadré, sans rien ajouter. Voir le format du service.
Ce que fait un outil conçu pour cet usage
| Question | Assistant grand public, compte personnel | Solys |
|---|---|---|
| Cadre avec l'hôpital | Aucun contrat avec l'hôpital | Sous-traitant de l'hôpital, accord écrit du DPO avant le premier usage réel |
| Lieu de traitement | Dépend du fournisseur et de l'offre | Union européenne : France et Allemagne |
| Durée de conservation | Selon les réglages et conditions du fournisseur | Audio supprimé dès la transcription, note au plus tard après 24 heures |
| Filtre des identifiants | À la charge du médecin | Filtre avant la mise en forme ; un nom prononcé part toutefois dans l'audio avant lui |
| Format | Générique | Celui du service, dans l'ordre des encadrés du logiciel |
| Ajouts | Possibles (interprétations, formulations) | Aucun contenu clinique ajouté |
La colonne de gauche décrit la situation d'un compte personnel en général, pas les conditions d'un fournisseur précis, qui varient selon l'offre et évoluent. Certaines offres professionnelles changent la donne ; c'est à l'hôpital d'en juger avec son DPO.
Si vous utilisez déjà un assistant généraliste
- N'y collez jamais d'identité : nom, date de naissance, numéro de dossier, NISS.
- Demandez à votre hôpital ce qu'il autorise, et sous quelle offre.
- Relisez chaque phrase : un modèle généraliste peut compléter ce qui manque avec quelque chose de plausible mais faux.
- Ne gardez pas de conversations contenant des notes de patients.
Pour voir la différence entre transcrire et mettre en forme, lire la dictée du tour de salle ; pour le cadre complet, ce que Solys garde, ce qu'il supprime.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser ChatGPT pour rédiger ses notes de patients à l'hôpital ?
C'est à l'hôpital d'en décider, car il est responsable des données de ses patients. Avec un compte personnel, aucun contrat de sous-traitance ne lie le fournisseur à l'hôpital. Demandez la position écrite de votre DPO avant d'y coller quoi que ce soit qui concerne un patient.
Retirer le nom du patient suffit-il ?
Non. Une note clinique sans nom reste une donnée pseudonymisée, donc une donnée personnelle au sens du RGPD, parce que l'hôpital peut la rattacher au patient.
Quelle différence entre un assistant généraliste et Solys ?
Solys est un sous-traitant de l'hôpital, traite les données dans l'Union européenne, supprime la note après 24 heures au plus, écrit au format du service dans l'ordre des encadrés du logiciel, et n'ajoute aucun contenu clinique.
Un assistant généraliste peut-il inventer des éléments ?
Il peut compléter une note avec une formulation plausible qui n'a pas été dite. C'est pourquoi toute note générée doit être relue phrase par phrase.
Sources
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD), considérant 26 et articles 4, 9 et 28. eur-lex.europa.eu
ChatGPT est une marque d'OpenAI. Solys n'a aucun lien avec OpenAI ; cette page ne décrit pas les conditions de ses offres.
Par Klaas Sabbe, fondateur de Solys · mis à jour le . Une erreur, une précision ? Écrivez-nous : solys@solyshealth.com.